La sécurité sociale, un droit fondamental de l'homme

Des idées

Certains hommes ont marqué les débuts de la Sécurité sociale. Leurs réflexions, initiées dès les premiers balbutiements de la Sécurité sociale, ont progressivement amené une organisation de l'institution, une réforme de l'hospitalisation, une législation de contrôle et la maîtrise médicalisée des dépenses de santé.

Pierre Laroque (1907-1997) © CPAM 33Pierre Laroque (1907-1997)

Il est chargé dès septembre 1944 par Alexandre Parodi, ministre du Travail et de la Sécurité sociale du premier gouvernement de la France libérée, de mettre en oeuvre le Plan Français de Sécurité sociale dont le projet avait été établi à Alger par le Comité Français de Libération Nationale. Il assure les fonctions de Directeur général de la Sécurité sociale de 1944 à 1951, de Président du conseil d’administration de la Caisse nationale de Sécurité sociale de 1953 à 1967, de Président puis Président honoraire du Comité d’Histoire de la Sécurité sociale.

Georges Buisson (1878-1946) © CPAM 33Georges Buisson (1878-1946)

Dirigeant syndicaliste, secrétaire adjoint de la CGT en 1920, spécialiste des problèmes d’Assurances Sociales, présente un rapport au congrès de 1929 et collabore avec Léon Jouhaux à la mise en place du système. En 1943, il part clandestinement pour Londres et se met au service de la France libre. En mai 1943, il est délégué auprès du Comité Français de Libération à Alger où il participe à l’élaboration du Plan Français de Sécurité Sociale. Il est le rapporteur du projet d’organisation de la Sécurité sociale à l’Assemblée Consultative provisoire, le 31 août 1945.

 

Des lois

Ordonnance du 4 octobre 1945 (88 articles)Journal officiel, ordonnances du 4 octobre 1945 © CPAM 33

C'est l'ordonnance fondatrice de la Sécurité sociale, promulguée par le gouvernement provisoire de la République française (J.O. du 6 Octobre 1945 n°45-2250).

Dans l'exposé des motifs, les "pères fondateurs" justifient la création de cette institution inscrite dans le programme du Conseil national de la Résistance. Il s'agit de "débarrasser les travailleurs de l'incertitude du lendemain, qui crée chez eux un sentiment d'infériorité, et qui est la base réelle et profonde de la distinction des classes".

Dans son article 1, l'ordonnance précise :

"Il est institué une organisation de Sécurité sociale destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu'ils supportent. L'organisation de la Sécurité sociale assure dès à présent le service des prestations versées prévues par les législations concernant les assurances sociales, l'allocation aux vieux travailleurs salariés, les accidents du travail et les maladies professionnelles, et les allocations familiales (...). Des ordonnances ultérieures procéderont à l'harmonisation desdites législations et pourront étendre le champ d'application de l'organisation de la Sécurité sociale à des catégories nouvelles de bénéficiaires et à des risques ou des prestations non prévus par les textes en vigueur."

La Sécurité sociale voit ainsi le jour avec une unité de système et une gestion démocratique. L'ordonnance prévoit l'organisation administrative (caisses primaires, régionales...), le mode de financement, les contrôles, les contentieux et les pénalités.

Une seconde ordonnance, datée du même jour, adapte le régime des accidents du travail en vigueur en Alsace et en Moselle à celui en vigueur dans les autres départements. En outre, l’ordonnance n°45-2453 du 19 octobre 1945 intègre les accidents du travail et les maladies professionnelles dans le régime général de la Sécurité sociale en leur conférant le caractère de "risque social".

Les principes du système de Sécurité sociale, tel qu'il existe encore aujourd'hui, sont votés en 1946 :

  • assujettissement obligatoire de tous aux assurances sociales,
  • octroi des prestations familiales à l'ensemble de la population,
  • généralisation de l'assurance vieillesse à toute la population active.

Mais la résistance de certaines catégories socioprofessionnelles et la défense des situations acquises furent autant d'obstacles à la mise en place d'un régime unique pour tous les Français. A côté du régime général, une mosaïque de régimes autonomes subsistent ou voient progressivement le jour.

Dans son discours prononcé à l’Assemblée nationale le 11 juillet 1949, Daniel Mayer, Ministre du Travail et de la Sécurité sociale aborde de nombreux problèmes dont certains sont encore d’actualité : difficultés financières, inégalités sanitaires, le "poids des charges" mis en avant par les adversaires du régime de Sécurité sociale, les dépenses de consommation médicale, la nécessité de généralisation des conventions avec le corps médical et de respect de ces textes... Parmi les améliorations préconisées : la séparation des risques, la simplification de la législation, la couverture du risque chômage, et surtout "atteindre les buts du Plan Français de Sécurité sociale."

Journal Sud-Ouest (29 septembre 1945) © CPAM 33Décrets n°60-451 et n°60-452 du 12 mai 1960

Ils entraînent une réorganisation relative aux tarifs des honoraires médicaux.
Ils prévoient : le renforcement du contrôle de l’Etat sur les caisses, la définition des pouvoirs respectifs du conseil d’administration et du directeur, la reconnaissance des URSSAF au même titre que les autres organismes, ainsi que l’indépendance du service médical vis-à-vis des Caisses régionales et primaires.

J.O. du 22 août 1967

Les ordonnances du 21 août 1967 sont relatives à l’organisation administrative et financière de la Sécurité sociale.
L’ordonnance n°67-707 instaure la séparation des risques en trois branches financièrement autonomes gérées par des Caisses nationales distinctes : Assurance-maladie, Assurance-vieillesse, Allocations familiales, une "agence centrale" (ACOSS) assurant la gestion commune des ressources du régime.
L’ordonnance n°67-709 ouvre le bénéfice de l’Assurance volontaire à certaines catégories de personnes.

J.O. du 25 avril 1996

Les ordonnances du 24 avril 1996 portent sur les mesures relatives à l’organisation de la Sécurité sociale, sur la réforme de l’hospitalisation, et sur la mise en place d’une maîtrise médicalisée

Le 15 novembre 1995, l’Assemblée nationale approuve un Plan de réforme de la Sécurité sociale dit "Plan Juppé", dont les différentes mesures ont pour objet de créer un "régime universel d’Assurance-maladie" permettant l’ouverture automatique du droit à la Sécurité sociale à toute personne âgée de plus de 18 ans résidant régulièrement sur le territoire français, quelle que soit son activité.

En application de ce Plan :

  • l’ordonnance n°96-344 du 24 avril 1996 apporte différentes modifications dans la gestion des caisses (notamment, retour au paritarisme au sein des conseils d’administration),
  • l’ordonnance n°96-345 met en place la maîtrise médicalisée des dépenses de soins,
  • l’ordonnance n°96-346 porte sur la réforme de l’hospitalisation publique et privée.

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