Les origines de la Sécurité sociale

La stèle funéraire d’un esclave (Ier siècle) © CPAM 33Par rapport à l’assistance et à la prévoyance, la singularité de la Sécurité sociale est celle de la solidarité sous le contrôle et la responsabilité de l’Etat.

Sous l’Antiquité

Les premiers signes de solidarité

Le besoin naturel de sécurité a conduit l’homme à inventer, à améliorer sans cesse des moyens originaux de protection sociale, basés en grande partie sur le principe de solidarité.
Au sein des sociétés primitives et antiques, les hommes comprennent vite les vertus de l'entraide. La solidarité, qui naît de la vie en commun, permet la survie du groupe dans un milieu hostile.

Les premières traces de solidarité qui nous soient parvenus touchent à l'appréhension de la mort. Pour ces peuples, il est très important de respecter les rites de passage de la vie à la mort. Compte tenu de son coût, ce rituel doit être pris en charge par la communauté.

La prise en charge collective du rite funéraire

Selon la légende, les compagnons se cotisaient pour payer les funérailles à leurs défunts. Cette tradition s’est maintenue durant toute l’Antiquité, notamment à Rome entre les compagnons d’esclavage.

La photographie d’une stèle funéraire, datant du Ier siècle après J.-C., démontre que des esclaves mettaient en commun une partie de leur pauvre pécule pour honorer leur camarade défunt par des funérailles décentes. Cet acte, dont ils ne retiraient aucun profit direct, symbolise bien la solidarité entre les hommes, valeur maîtresse du système de protection sociale que nous connaissons aujourd’hui.

Le texte gravé sur la pierre mentionne le décès d’Hermogene. Celui-ci était probablement un esclave émancipé (d’origine grecque en raison du nom qui veut dire "qui engendre la joie") qui aurait participé, avec de nombreux autres, à la construction de la ville.

 

Texte original Traduction




HERMOGENES

HIC IACEO NATUS U.X

            XXV CUJUS UT CORPUS TEGERETUR

            ET NOMEN POST OBITUM LEGERETUR

           PIETAS CONSERVORUM SUO SUMPTU


PER FECERUNT




HERMOGENE

ICI JE REPOSE, NE IL Y A 35 ANS.

AFIN QUE SON CORPS
REPOSE (EN PAIX)
ET QUE SON NOM
APRES SA MORT SOIT LU.

(PAR) PIETE (SES) COMPAGNONS
D’ESCLAVAGE ONT PAYE
DE LEUR POCHE PERSONNELLE
(SE SONT COTISES)

POUR LES FUNERAILLES

Dans les sociétés de secours mutuels dès la fin du XIXe siècle, de nombreux statuts prévoyaient que les adhérents avaient droit à des obsèques de première classe, et encore aujourd’hui la Sécurité sociale sert un capital décès au survivant de la famille afin de participer aux frais d’obsèques, en plus du remboursement des soins et des prestations en espèces pour l’assurance maladie et les accidents du travail.

 

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